En lisant ce livre, j’étais surtout frappée par les images évoquées par J-D Bauby. Il tisse une toile riche au fil de laquelle on perçoit le contraste net entre “le scaphandre” et “le papillon”, métaphores profondes de l’étouffement physique et de l’exaltation de l’imagination et de l’esprit. Pour moi, c’était un véritable plaisir de lire la version originale (c’est-à-dire en français) telle que conçue par Bauby. Je n’ai pas lu la traduction anglaise, et je n’en ai presque pas envie. . . sauf peut-être d’un oeil linguistique, pour voir si la richesse du langage et des images produisent le même effet dans une autre langue. Voici quelques-unes de la myriade des citations qui m’ont émue:

Derrière le rideau de toile mitée une clarté laiteuse annonce l’approche du petit matin.” (9)

Cette phrase débute le livre. J’aime bien le soupçon de l’allitération qui fait que la phrase coule bien facilement. L’image de la qualité “laiteuse” de la lumière a une telle précision qu’en lisant cette phrase, je me sens presque éblouie par ce soleil qui perce à peine les nuages de l’aube.

Le scaphandre devient moins oppressant, et l’esprit peut vagabonder comme un papillon. Il y a tant à faire. On peut s’envoler dans l’espace ou dans le temps, partir pour la Terre de Feu ou la cour du roi Midas. On peut rendre visite à la femme aimée, se glisser auprès d’elle et caresser son visage encore endormi. On peut bâtir des châteaux en Espagne, conquérir la Toison d’or, découvrir l’Atlantide, réaliser ses rêves d’enfant et ses songes d’adulte.” (10-11)

Evidemment, cette citation s’avère significative car c’est ici que Bauby se sert des deux métaphores qui ont donné lieu au titre du livre. J’étais attirée par la métaphore du scaphandre car j’ai une phobie d’être submergée dans l’eau. Je suis assez claustrophobe, et c’est la sensation d’avoir perdu contrôle et d’être sans ressource qui me fait peur. En mettant en parallèle mes propres sentiments vis-à-vis le scaphandre de Bauby (l’espace clos, la solitude devant l’immensité de l’eau qui nous engloutit), je peux imaginer ce que Bauby a voulu communiquer en se servant de cette métaphore.

D’un seul coup j’entrevoyais l’effarante réalité. Aussi aveuglante qu’un champignon atomique. Mieux acérée que le couperet d’une guillotine.” (15)

Le choc de la reconnaissance de son état et de l’inexorabilité de son destin est rendu si vif par ces deux images: le champignon atomique et la guillotine. J’ai bien aimé la phrase “Mieux acérée que le couperet d’une guillotine” car c’était très “française”.

Muni d’une tasse de thé ou d’un whisky, d’un bon livre ou d’une pile de journaux, je marinais longuement en manoeuvrant les robinets avec les doigts de pied.” (22-23)

Quelle description luxueuse! Cela m’a vraiment donné envie de prendre un long bain relâchant (ce que, regrettablement, je ne fais jamais. Un simple plaisir presque hédoniste dans son indolence. . .

“[. . .] j’ai enfoui ma tête dans les plis de sa robe de gaze blanche aux larges rayures satinées. C’était doux comme de la crème fouettée, aussi frais que la rosée du matin.” (30)

Un véritable délice des sens, surtout de la touche. J’ai aimé la variété de textures des tissus. Pour moi, c’était une description très sensuelle.

D’autres lettres racontent dans leur simplicité les petits faits qui ponctuent la fuite du temps. Ce sont des roses qu’on a cueillies au crépuscule, l’indolence d’un dimanche de pluie, un enfant qui pleure avant de s’endormir. Capturés sur le vif, ces échantillons de vie, ces bouffées de bonheur m’émeuvent plus que tout.” (89)

Une fois de plus, c’est l’évocation des simples plaisirs et des activités quotidiennes qu’on a tendance à tenir pour acquis. Oui, c’est un cliché que des choses nous manquent quand on n’y a plus accès, mais Bauby réussit quand même à bien représenter ces tranches de vie. “L’indolence d’un dimanche de pluie” m’a beaucoup frappée, peut-être parce que j’ai passé bien de dimanches de cette manière?

“[. . .] une volée d’enfants arrive en vélo du marché. Des rires illuminent tous les visages. Certains de ces enfants ont atteint depuis longtemps l’âge des grands soucis, mais sur ces chemins bordés de rhododendrons chacun peut retrouver son innocence perdue.” (107)

L’insouciance de la jeunesse est mise en valeur par rapport au fardeau des responsabilités de l’âge adulte. J’ai trouvé beaucoup d’espoir et d’optimisme dans cette description.

Posted by: Manuela Vieira-Ribeiro

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I felt a little guilty perusing the list and realizing I hadn’t read any of these … there is a full list including the French choices (scroll down a bit) and here is the list of fiction choices:

David Chariandy, Vancouver, for Soucouyant
(Arsenal Pulp Press; distributed by Jaguar Book Group) (ISBN 978-1-55152-226-5)
David Chariandy’s Soucouyant tells us of enormous loss and beautiful memory. A son rediscovers the heritage he has rejected, as his aging mother’s mind disintegrates. The re-creation of the mother’s Caribbean past within the circle of her son’s growing love enfolds the reader in a magnificent story.

Barbara Gowdy, Toronto, for Helpless
(HarperCollins Publishers, an imprint of HarperCollins Canada; distributed by HarperCollins Canada) (ISBN 978-0-00-200846-4)
Barbara Gowdy looks at image and our application of violence, especially against women and girls. We are left writhing with the horror of it all, all the while realizing the ironical softness and accommodation to this urban disease. Helpless, we are left; almost forsaken in Gowdy’s explosive language.

Michael Ondaatje, Toronto, for Divisadero
(McClelland & Stewart; distributed by Random House of Canada) (ISBN 978-0-7710-6872-0)
The seductive, luminous characters populating Divisadero are pulled from the bleakness of their lives by Ondaatje’s astonishing lyricism and whimsical yet meticulous detail. His bold evocation of violence and obsession, regret and tenderness traces the heart with compassion and grace.

Heather O’Neill, Montreal, for Lullabies for Little Criminals
(Harper Perennial, an imprint of HarperCollins; distributed by HarperCollins Canada) (ISBN 978-0-06-087507-7)
In Lullabies for Little Criminals, Baby leads us into her thirteen-year-old life on the impoverished streets of Montreal. It is a world both terrifying and gentle, cruel and yet strangely tender and compassionate. Baby’s astonishing resilience, the way she finds beauty in so much ugliness, makes Heather O’Neill’s novel a triumph of imagination and sensitivity.

M.G. Vassanji, Toronto, for The Assassin’s Song
(Doubleday Canada, a division of Random House of Canada; distributed by Random House of Canada) (ISBN 978-0-385-66351-9)
M.G. Vassanji is accustomed to taking us down crowded, culturally-congested city streets strewn with the richness of people and flowers, people and animals, people and colour. And when we have the power of his narrative, natural as the landscape he describes, we are bestowed with wonder and love and passion.

le scaphandre et le papillon

February 17, 2008

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After a devastating stroke, the author dictated this memoir using only his left eyelid …

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… the new book recommended by MVR … looks rather intriguing:

.. the remarkable tale of Jean-Dominique Bauby (Mathieu Amalric), the world-renowned editor of French ELLE magazine, who suffered a stroke and was paralyzed by the inexplicable “locked in” syndrome at the age of 43. Bauby’s only way of communicating with the outside world was by blinking with one eye, and after several dedicated helpers–a string of impossibly beautiful women (Emmanuelle Seigner, Marie-Josee Croze, Olatz Lopez Garamendia, Anne Consigny)–helped him to speak through this seemingly irrelevant gesture, he began to produce the words that would form his memoir.” (Rotten Tomatoes)

I found a wikipedia page and the movie site too. There have also been many blog entries in English and in French about the book and in French and the man himself.

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- cd